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Témoignage de Matteo Manzonetto

Quelle est votre fonction ? Pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste votre travail et nous raconter une journée type ?

Je suis Chargé de la Communication à la Commission européenne. Contrairement à la plupart de mes collègues qui exercent le même métier, je ne communique pas auprès d’un public externe (citoyens et autres parties-prenantes) : je travaille pour la Direction générale des Ressources humaines et de la sécurité (la DG HR), et je communique auprès de mes propres collègues au sujet de ce qui se passe au sein de l’organisation. Cela couvre une large variété de sujets : l’actualité administrative (par exemple les dernières règles et procédures, les nouveaux outils, etc.), l’actualité politique (ce que la Commission fait à l’extérieur), des sujets sur les personnes et les équipes, et sur les activités et événements internes et externes (les formations, mais aussi les loisirs). Le descriptif de poste de chaque internal communicator (c’est notre titre) peut se résumer ainsi : « transmettre le bon message, aux bonnes personnes, au bon moment » ('getting the right message, to right people, at the right time'), slogan qui apparaît sur une affiche dans le bureau de mon chef d’unité. Ma mission en ce moment consiste plus précisément à coordonner la communication autour du nouveau programme de bien-être au sein de toute la Commission.


Ma journée type : je dois vérifier que les informations et autres communications liées à mon domaine de compétence sont mises en œuvre de la bonne façon. Je suis en contact avec mes collègues qui travaillent sur la dimension politique du programme de bien-être et je concilie leurs besoins en communication avec le meilleur moyen de les mettre en œuvre et les ressources disponibles. Je suis en contact avec mes collègues d’autres Directions générales. Je les conseille pour qu’ils optimisent la promotion de leurs initiatives, et je les aide si besoin. À cela s’ajoutent toutes les tâches que mes supérieur-e-s me demandent d’effectuer.

Quel est votre parcours universitaire et professionnel ?

J’ai une licence en sciences de la communication (Université de Padoue, Italie), et un master en communication et affaires européennes (IHECS, Bruxelles). Avant de rentrer à la Commission, j’ai longtemps (presque dix ans) travaillé en tant que journaliste et reporter spécialisé dans les affaires européennes, puis cinq ans en tant que photo-reporter professionnel (rien de bien palpitant, je couvrais principalement des sujets politiques et économiques). J’ai également été professeur d’italien ainsi que responsable de la communication pour une ONG luttant pour la défense des droits des Roms. J’ai aussi effectué un stage de quatre mois dans l’agence des droits fondamentaux de l’Union européenne, à Vienne.

Pour quelles raisons avez-vous choisi de travailler dans les institutions européennes ?

Ce n’est pas quelque chose que l’on obtient simplement en le choisissant. Pour travailler dans les institutions européennes, il faut réellement le vouloir et être prêt à entrer en compétition avec des milliers d’autres personnes pour y parvenir. De la motivation et une vocation européenne sont les principaux moteurs pour faire face aux concours EPSO, qui peuvent paraître impossibles à réussir. Enfin, cela nécessite une certaine préparation et un peu de chance (en particulier lors des tests de présélection). La véritable question serait donc : pourquoi ai-je voulu travailler pour les institutions européennes ? Parce que lorsqu’on vit à Bruxelles et qu’on travaille déjà dans le milieu des affaires européennes (comme c’était mon cas en tant que journaliste), on peut se retrouver attiré par le centre, un peu à l’image d’un papillon de nuit et d’une ampoule (en évitant bien sûr de connaître le même sort tragique que l’insecte qui finit par se brûler les ailes !). Dans une ville où presque tout tourne autour de l’UE, y travailler peut être vu (par certains, je le répète) comme le nec plus ultra de l’emploi, mais en vérité c’est plutôt une question de vocation personnelle que de salaire ou d’avantages perçus dont nous, « les eurocrates » sommes censés bénéficier. Pour de jeunes professionnels préparés, il y a certainement des emplois mieux payés à Bruxelles et dans le monde (en particulier pour les avocats, les économistes, les ingénieurs ou les docteurs). Travailler pour une bureaucratie, avec la hiérarchie et les procédures parfois compliquées que cela implique ne peut certainement pas convenir à tout le monde, mais moi en tout cas ça me plaît.

Quels seraient vos conseils aux futurs candidats ?

Essayez, réessayez, et essayez encore ! Inscrivez-vous à tous les concours EPSO possibles, afin de vous habituer au fonctionnement de la procédure (la façon dont est organisé le concours, l’ambiance sur le lieu d’examen, les procédures avant d’y entrer et une fois arrivé, etc.). Cela vous permettra de réduire les incertitudes au maximum et vous aidera à mieux vous concentrer sur la véritable tâche : réussir le concours. Pour vous préparer, je vous suggère de réunir des informations et des exemples de tests de toutes les sources disponibles (dont les syndicats de l’UE… Mais aussi les pages Facebook dédiées aux concours, et d’autres sources), et de vous entraîner jusqu’à ce que vous connaissiez votre livre d’exercices sur le bout des doigts. Selon moi, la difficulté principale est de comprendre le mécanisme qui se cache derrière chaque type de questions afin de pouvoir y répondre de manière presque automatique, en réduisant la marge d’erreur et le temps de réponse. Pour l’épreuve de raisonnement verbal, essayez de lire les questions avant de lire le texte à analyser. Essayez de répondre à toutes les questions : il est préférable de donner une mauvaise réponse que de ne pas répondre du tout (les mauvaises réponses ne sont pas pénalisées).

Remarques supplémentaires

Vivre à Bruxelles est sans aucun doute un avantage pour se lancer dans une carrière européenne. Cela vous permet de comprendre si l’Union européenne et ses institutions vous correspondent, et vous facilite, le cas échéant, l’accès aux opportunités de networking qui pourraient vous aider à trouver un travail (Place du Luxembourg, mais pas seulement…). Mais n’oubliez pas : il est possible de travailler sur des sujets liés à l’Union européenne 24/24h 7/7j (et ce n’est pas qu’une façon de parler, demandez à votre entourage une fois sur place) sans nécessairement être employé par l’Union européenne. Moins de la moitié des cent mille emplois liés à l’Union européenne à Bruxelles se trouvent dans les institutions…

Contact : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

 

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