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Témoignage d'Alessio Limonet

1. Quelle est votre fonction ? Pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste votre travail et nous raconter une journée type ?

Je suis juriste-linguiste au sein de l'équipe italienne de la Direction pour la Qualité de la Législation du Conseil de l'Union européenne, l'une des sept directions du service juridique de cette institution.
La dénomination de ce profil évoque une nature "chimérique" de la fonction ainsi que des compétences requises pour son déroulement.
Il s'agit en effet de mener des tâches dans le secteur juridique (les actes juridiques adoptés soit par le Conseil tout seul, soit par celui-ci conjointement avec le Parlement européen sont notre "pain quotidien") dans le but d'assurer la qualité des textes aussi bien du point de vue de la forme que de la cohérence juridico-linguistique.
Pour ce faire, le juriste-linguiste compare le texte de l'acte traduit dans sa langue maternelle par les traducteurs avec le texte en anglais issu des négociations et révisé, dans cette même langue, par un autre juriste-linguiste.
Cela afin d'assurer que le respect des règles rédactionnelles ainsi que la cohérence terminologique - surtout du point de vue juridique - interne de l'acte lui-même et externe (par rapport aux actes précédents) soit assurée.
Cette activité, qui caractérise la journée type d'un juriste-linguiste, s'accompagne d'autres tâches, en particulier celles de conseiller de la qualité. Il s'agit d'un juriste-linguiste, parmi les presque cent linguistes que compte la DQL qui, à tour de rôle, suit l'acte en question tout au long de son itinéraire en conseillant les négociateurs quant aux aspects rédactionnels et linguistiques de façon à ce que, à la fin de son parcours, l'acte ne doive pas subir de modifications majeures.

2. Quel est votre parcours universitaire et professionnel ?

J'ai étudié le droit à l'Université de Turin, où j'ai rédigé mon mémoire de fin d'études concernant un sujet de droit civil sous la direction d'un grand expert de droit comparé, le professeur Rodolfo Sacco, responsable de l'édition italienne des "Grandes systèmes de droit contemporains" de René David. C'est d'ailleurs dans cet ouvrage que j'ai appris l'existence des juristes-linguistes, mentionnés dans la section qui traitait des débouchés professionnels du juriste spécialisé en droit comparé. Mon intérêt pour les différents ordres juridiques et pour le droit comparé m'a conduit, en tant que boursier Erasmus, à suivre les cours de l'Université de Salamanque et, ensuite, à suivre les cours de la Faculté internationale de droit comparé de l'Université de Strasbourg. Désireux d'entamer une carrière professionnelle à l'étranger, j'ai fait un stage dans un cabinet d'avocats à Madrid jusqu'à ce qu'on m'offre de devenir chef de cabinet adjoint de la Présidence de ma région d'origine, la Vallée d'Aoste. Dans ces fonctions, je me suis occupé, entre autres, des rapports institutionnels avec les organes de l'État Italien et j'ai suivi l'élaboration de la législation nationale dans l'intérêt de la Vallée d'Aoste. Par la suite, j'ai dirigé une société publique, dont le capital était entièrement possédé par la Chambre de commerce de la Vallée d'Aoste, ayant pour mission, en particulier, la promotion de l'internationalisation des entreprises.

3. Pour quelles raisons avez-vous choisi de vous tourner vers les institutions européennes ?

Après plus d'une décennie au sein du secteur public italien j'avais le désir d'ouvrir mes horizons tout en capitalisant mon expérience. Le concours pour juristes-linguistes est donc apparu au bon moment, me permettant de conjuguer, dans ce profil, d'un côté, mon intérêt pour les langues, d'autant plus que je viens d'une région bilingue (italien/français), et, de l'autre, ma formation en droit comparé ainsi que mon expérience dans le secteur législatif.
J'ai, en outre, pu finalement poursuivre, après une longue parenthèse nationale, ce parcours international que j'avais entamé en tant que boursier Erasmus et stagiaire en Espagne.

4. Quels seraient vos conseils aux futurs candidats ?

De manière générale, je considère que la meilleure approche à avoir, avant de s'engager dans une carrière professionnelle, est de prendre le temps de comprendre ce qu'on veut faire de son propre futur. C'est, à mon avis, la seule façon de faire apparaître la motivation nécessaire pour faire face à un processus de sélection assez dur et qui demande du temps et de l'énergie.
À cet effet, un stage pourrait aider à comprendre si le poste auquel on aspire est vraiment intéressant pour la personne concernée, surtout dans le cas de profils spécialisés tels que celui de juriste-linguiste.
L'étape suivante consiste en une préparation ciblée du concours, en tenant compte du fait qu'à l'occasion de celui-ci seront testées non seulement les compétences linguistiques et juridiques, mais aussi des capacités plus générales, notamment en ce qui concerne la logique.

5. Remarques supplémentaires

Il faut tenir compte du fait que le concours n'est que l'un des passages vers le recrutement.
En effet, après avoir été inscrits dans la liste de réserve des lauréats, il faut "chercher" son poste et passer des entretiens. On peut être aussi invité spontanément à un entretien par une institution organisatrice du concours qui "pioche" dans la liste de réserve pour pourvoir des postes vacants.
À ce stade-là, une expérience professionnelle dans le domaine du poste pour lequel on postule, ainsi que dans les institutions ou les organismes de l'Union européenne, pourrait s'avérer précieuse.

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